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La règle des 30 fautes de l'EUF : à combien de fautes avez-vous vraiment droit ?

Réponse courte : environ 30 fautes pour un texte de 900 mots, parce que la tolérance du Critère III est d'environ 1 faute aux 30 mots. Mais attention, ce n'est pas votre nombre brut de fautes qui est jugé : c'est votre densité de fautes, ramenée au standard de 900 mots. Cette page vous montre le barème complet, le calcul exact avec des exemples chiffrés, et pourquoi écrire plus court ne vous sauvera pas.

L'essentiel

  • Environ 1 faute aux 30 mots : sur 900 mots, ~30 fautes vous donnent la cote C, soit le minimum pour réussir.
  • Le calcul se fait sur des fautes NORMALISÉES : arrondi(fautes réelles × 900 ÷ nombre de mots).
  • C'est la densité qui compte, pas le total : 25 fautes dans 620 mots (cote D, échec) est pire que 30 fautes dans 1100 mots (cote C, réussite).
  • Une cote D, E ou F au Critère III entraîne l'échec, même avec d'excellentes idées.
  • Le style et le vocabulaire ne comptent pas comme des fautes au Critère III ; les accords et les participes passés, eux, pèsent lourd.

La réponse chiffrée : le barème complet du Critère III

L'EUF (Épreuve uniforme de français) évalue trois critères, cotés de A à F, et il faut obtenir au moins C à chacun des trois pour réussir. Le Critère III porte sur la maîtrise de la langue : orthographe, grammaire, syntaxe, ponctuation, vocabulaire précis. C'est celui qui obéit à la fameuse règle de densité : environ 1 faute aux 30 mots. Comme la dissertation critique doit faire au moins 900 mots, cela revient à environ 30 fautes pour obtenir la cote C.

Voici le barème exact, exprimé en nombre de fautes normalisé au standard de 900 mots. Retenez la frontière entre C et D : c'est là que tout se joue.

CoteFautes normalisées (sur 900 mots)Résultat au Critère III
A0 à 9Réussite
B10 à 19Réussite
C20 à 30Réussite — seuil minimal
D31 à 45Échec
E46 à 60Échec
Fplus de 60Échec
Une cote D, E ou F au Critère III entraîne l'échec de l'épreuve, indépendamment de la qualité de vos idées. Vous pouvez avoir une argumentation brillante et un plan impeccable : si la langue tombe à D, c'est terminé. Voilà pourquoi 31 fautes et 30 fautes ne sont pas « à peu près pareil ».

La normalisation à 900 mots : le calcul, étape par étape

Personne n'écrit exactement 900 mots. Le barème doit donc être ramené à une base commune, sinon un texte de 1200 mots serait injustement pénalisé et un texte de 700 mots injustement avantagé. Le barème se lit donc sur un compte normalisé, et non sur votre compte brut.

Formule : fautes normalisées = arrondi(fautes réelles × 900 ÷ nombre de mots). Le résultat est ensuite comparé au barème A-F ci-dessus.
  1. Comptez le nombre de mots de votre texte (c'est la donnée que les gens oublient le plus souvent de mesurer en s'entraînant).
  2. Comptez le nombre de fautes de langue, en excluant tout ce qui relève du style, du contenu ou de la structure.
  3. Multipliez le nombre de fautes par 900, puis divisez par le nombre de mots.
  4. Arrondissez au nombre entier le plus proche.
  5. Lisez la cote correspondante dans le tableau du barème.

Trois exemples concrets, calculés jusqu'au bout. Regardez surtout le troisième : c'est celui qui surprend le plus.

SituationCalculFautes normaliséesCoteRésultat
750 mots, 22 fautes22 × 900 ÷ 750 = 26,426CRéussite
1100 mots, 30 fautes30 × 900 ÷ 1100 = 24,525CRéussite
620 mots, 25 fautes25 × 900 ÷ 620 = 36,336DÉchec

Le troisième cas mérite qu'on s'y arrête. L'étudiant n'a fait que 25 fautes — moins que les 30 « permises » — et pourtant il échoue au Critère III, parce que ces 25 fautes sont concentrées dans un texte court. Son voisin en a fait 30, soit cinq de plus, et il réussit, parce que ses fautes sont diluées dans 1100 mots. Le nombre brut de fautes ne dit rien tant qu'on ne l'a pas rapporté à la longueur.

Un dernier exemple pour montrer à quel point la frontière est mince : dans un texte de 1000 mots, 33 fautes donnent 33 × 900 ÷ 1000 = 29,7, soit 30 normalisées, donc la cote C. Une seule faute de plus, 34, donne 30,6, soit 31 normalisées, donc la cote D. Une virgule oubliée peut littéralement faire basculer l'épreuve.

Sous 300 mots, la règle de densité n'est pas fiable : extrapoler quelques fautes sur une base de 900 mots donne un résultat absurde. Cela ne veut pas dire qu'un texte très court est avantagé — cela veut dire qu'il ne répond tout simplement pas à la consigne, qui exige au moins 900 mots.

Écrire plus court ne vous sauvera pas

C'est un réflexe fréquent quand on est anxieux : « si j'écris moins, je ferai moins de fautes, donc j'aurai une meilleure cote ». C'est faux, et la formule explique pourquoi. Réduire la longueur réduit peut-être votre nombre brut de fautes, mais cela réduit aussi le dénominateur du calcul. Votre densité, elle, reste la même — et c'est elle qui est cotée.

Concrètement, plus votre texte est court, moins vous avez droit à de fautes réelles pour conserver la cote C. Voici le nombre maximal de fautes réelles compatible avec un C selon la longueur, calculé avec la formule de normalisation.

Longueur du texteFautes réelles maximales pour garder CVérification
700 mots2323 × 900 ÷ 700 = 29,6 → 30 (C)
750 mots2525 × 900 ÷ 750 = 30,0 → 30 (C)
800 mots2727 × 900 ÷ 800 = 30,4 → 30 (C)
900 mots3030 × 900 ÷ 900 = 30,0 → 30 (C)
1000 mots3333 × 900 ÷ 1000 = 29,7 → 30 (C)
1100 mots3737 × 900 ÷ 1100 = 30,3 → 30 (C)
1200 mots4040 × 900 ÷ 1200 = 30,0 → 30 (C)

La bonne stratégie n'est donc pas d'écrire moins, mais d'écrire proprement. Écrire un peu plus long vous donne mécaniquement un peu plus de marge, à condition que les phrases ajoutées ne soient pas elles-mêmes truffées de fautes. Une phrase supplémentaire bien maîtrisée améliore votre densité ; une phrase alambiquée bourrée de subordonnées la détériore. C'est aussi pourquoi la phrase simple et sûre bat toujours la phrase compliquée risquée le jour de l'examen.

Quelles fautes sont comptées — et lesquelles ne le sont pas

Beaucoup d'étudiants s'affolent en voyant une correction remplie de traits rouges, sans réaliser qu'une bonne partie de ces marques ne sont pas des fautes au sens du Critère III. Faire la différence change complètement la lecture d'une rétroaction — et la façon de réviser.

Ce qui COMPTE comme faute de langue au Critère III :

  • L'orthographe d'usage (mot mal écrit, lettre manquante, accent erroné).
  • La grammaire et l'orthographe grammaticale (accords, participes passés, conjugaisons).
  • La syntaxe (construction de la phrase, ordre des mots, subordonnées mal rattachées, pronoms relatifs).
  • La ponctuation (virgule manquante ou fautive, point-virgule, ponctuation des citations).
  • Les anglicismes.

Ce qui NE COMPTE PAS au Critère III :

  • Les suggestions de style ou de vocabulaire : remplacer un mot passe-partout par un synonyme plus précis rend le texte meilleur, mais ce n'est pas une faute comptabilisée.
  • Tout ce qui relève du contenu et de l'argumentation : compréhension des textes, pertinence des idées, justification — cela appartient au Critère I.
  • Tout ce qui relève de l'organisation : introduction (sujet amené, sujet posé, sujet divisé), enchaînement du développement, conclusion, intégration fluide des citations — cela appartient au Critère II.

Conséquence pratique très concrète : si une correction vous propose vingt reformulations de vocabulaire et vous signale huit accords fautifs, votre problème de langue, c'est huit — pas vingt-huit. Investissez votre temps de révision là où le barème vous coûte réellement des cotes.

Le poids des accords et des participes passés

Toutes les fautes ne se valent pas dans le regard d'un correcteur : les erreurs d'orthographe grammaticale — accords de verbes, participes passés — sont considérées comme particulièrement lourdes. Ce sont elles qui signalent une maîtrise fragile du système de la langue, alors qu'un mot d'usage mal orthographié passe plus facilement pour une inattention.

C'est aussi une excellente nouvelle sur le plan stratégique, parce que ces fautes sont repérables mécaniquement, sans avoir à « sentir » la langue. Voici les vérifications qui rapportent le plus par minute investie :

  • Accord du verbe avec son sujet : trouvez le sujet réel, surtout quand un complément ou une relative s'intercale entre lui et le verbe.
  • Participe passé avec « avoir » : cherchez un complément direct placé AVANT le verbe ; s'il y en a un, accordez avec lui, sinon laissez invariable.
  • Participe passé avec « être » : accord avec le sujet, systématiquement.
  • Accord dans le groupe nominal : déterminant, nom, adjectifs — vérifiez la chaîne au complet, y compris les adjectifs éloignés du nom.
  • Homophones grammaticaux à haut risque : a / à, ou / où, ce / se, ces / ses / c'est / s'est, leur / leurs, on / ont, sont / son.
  • Terminaisons verbales en -é / -er / -ez : remplacez mentalement par un verbe du deuxième ou troisième groupe (« mordre ») pour entendre laquelle convient.

Les 20 dernières minutes : une méthode de relecture ciblée

L'EUF dure 4 h 30. Réservez les 20 dernières minutes à la relecture, et ne les utilisez surtout pas pour ajouter des idées : à ce stade, une faute corrigée vaut plus qu'un argument de plus. Le piège classique consiste à relire son texte « en entier, du début à la fin » — le cerveau relit alors ce qu'il a voulu écrire, pas ce qu'il a écrit. La solution est de faire plusieurs passes courtes, chacune avec une seule cible.

  1. Passe 1 (5 min) — Les verbes. Ne lisez que les verbes. Pour chacun, identifiez le sujet à voix basse et vérifiez la terminaison. C'est la passe la plus rentable, parce qu'elle vise les fautes les plus lourdes.
  2. Passe 2 (5 min) — Les participes passés. Repérez chaque participe passé et posez-vous une seule question : auxiliaire être ou avoir ? Puis appliquez la règle correspondante, sans improviser.
  3. Passe 3 (4 min) — Les accords dans les groupes nominaux. Suivez la chaîne déterminant-nom-adjectif et vérifiez que le genre et le nombre se propagent partout.
  4. Passe 4 (3 min) — La ponctuation et la longueur des phrases. Toute phrase qui dépasse trois lignes est un risque de syntaxe : coupez-la en deux. Vérifiez les virgules autour des incises et la ponctuation de vos citations.
  5. Passe 5 (3 min) — Vos fautes personnelles. Vous avez une liste de trois ou quatre erreurs que vous répétez toujours (un homophone, un anglicisme, un accord précis). Cherchez-les nommément, une par une.
Astuce qui change tout : relisez la dernière passe en partant de la fin, phrase par phrase, à rebours. En brisant le fil du sens, vous forcez votre œil à voir les mots plutôt qu'à anticiper les idées. C'est ainsi qu'on attrape les fautes qu'on relit depuis trois heures sans les voir.

Comment savoir où vous en êtes avant l'examen

La seule façon fiable de connaître votre densité de fautes, c'est de la mesurer sur de vrais textes rédigés dans les conditions de l'épreuve — pas d'estimer « au feeling ». Écrivez un texte d'au moins 900 mots, comptez les mots, comptez les fautes de langue, appliquez la formule de normalisation, lisez votre cote. Refaites l'exercice quelques fois : c'est la tendance de votre densité, et non un résultat isolé, qui vous dit si vous êtes en zone de réussite.

ARF — Assistant Réussite Français (arfqc.com) — automatise exactement ce calcul : l'analyse applique le même barème A-F et la même règle de densité normalisée à 900 mots, et vous donne une cote par critère plutôt qu'une simple liste de corrections. Vous y trouverez aussi un simulateur d'examen blanc (environ 900 mots en 4 h 30), des exercices ciblés sur les faiblesses détectées dans vos textes, un tuteur vocal et des modèles de textes. Un niveau gratuit permet un nombre limité d'analyses, et des forfaits payants existent pour un usage soutenu.

L'objectif n'est pas de viser 30 fautes, c'est de viser assez bas pour que les quelques fautes que vous ne verrez jamais ne vous coûtent pas l'épreuve. Visez la zone B : elle vous donne un coussin de sécurité réel.

Teste ton texte sur les vrais critères

ARF applique le même barème que celui décrit ici : cotes par critère, densité de fautes normalisée sur 900 mots, pondérations de l'épreuve du MEQ. Analyse ton texte et vois exactement où tu te situes.

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Questions fréquentes

À combien de fautes ai-je droit à l'EUF ?

Environ 30 fautes de langue pour un texte de 900 mots, ce qui correspond à la tolérance d'environ 1 faute aux 30 mots. Ce chiffre vous donne la cote C au Critère III (Maîtrise de la langue), soit le seuil minimal de réussite. À 31 fautes normalisées, vous passez à D, et une cote D entraîne l'échec. Attention : le calcul porte sur des fautes normalisées à 900 mots, pas sur votre compte brut.

Est-ce que je peux écrire plus court pour faire moins de fautes ?

Non, et c'est le piège le plus coûteux de l'EUF. Comme le compte est normalisé avec la formule arrondi(fautes × 900 ÷ nombre de mots), c'est la densité de fautes qui est cotée, pas le total brut. Un texte de 620 mots avec 25 fautes donne 36 fautes normalisées, donc la cote D et l'échec, alors qu'un texte de 1100 mots avec 30 fautes donne 25 fautes normalisées, donc la cote C. Rappelons aussi que la dissertation doit faire au moins 900 mots.

Est-ce que les erreurs de vocabulaire ou de style comptent comme des fautes ?

Non. Les suggestions de style et de vocabulaire — par exemple remplacer un mot passe-partout par un synonyme plus précis — ne sont pas comptées comme des fautes au Critère III. Ce critère porte sur l'orthographe, la grammaire, la syntaxe, la ponctuation, les accords et les anglicismes. Ce qui relève du contenu ou de la structure est évalué séparément, aux Critères I et II.

Que se passe-t-il si j'ai D au Critère III mais A aux deux autres ?

Vous échouez. Le seuil de réussite est la cote C à chacun des trois critères, sans compensation entre eux. Une cote D, E ou F au Critère III entraîne l'échec indépendamment de la qualité de vos idées et de votre plan. C'est exactement pour cette raison que les 20 dernières minutes de relecture valent souvent plus qu'un troisième argument.

Comment calculer ma cote de langue sur un texte d'entraînement ?

Comptez vos mots, comptez vos fautes de langue, puis appliquez la formule arrondi(fautes × 900 ÷ nombre de mots) et lisez la cote correspondante : A de 0 à 9, B de 10 à 19, C de 20 à 30, D de 31 à 45, E de 46 à 60, F au-delà de 60. Par exemple, 22 fautes dans 750 mots donnent 26,4, arrondi à 26, soit la cote C. Sous 300 mots, ce calcul n'est pas représentatif.

Les accords et les participes passés comptent-ils plus lourd que les autres fautes ?

Oui. Les erreurs d'orthographe grammaticale — accords de verbes et participes passés — sont considérées comme particulièrement lourdes, parce qu'elles révèlent une maîtrise fragile du système de la langue. La bonne nouvelle, c'est qu'elles se vérifient mécaniquement : repérer le sujet de chaque verbe et identifier l'auxiliaire de chaque participe passé est la relecture la plus rentable que vous puissiez faire.